Format 30x30cm.
Le mythe : Méduse, symbole des survivant.e.s et protectrice contre le mal, se retrouve avec les cheveux transformés en serpents par Athéna après s'être comparée à elle. Ses yeux sont dilatés et quiconque croise son regard se retrouve pétrifié.e. Lorsqu'elle est décapitée, sa veine gauche fait couler du poison tandis que de sa veine droite coule une potion de résurrection.
J'ai passé des heures de ma vie à écouter des analyses de tableau, mais une m'a plus marquée que d'autres : l'analyse des formes molles chez Dalí. On nous expliqua alors que dans ses tableaux, la vie et la mort s'affrontaient sous les formes respectives d'Eros, le dur, et Thanatos, le mou.
Ayant depuis toujours une obsession pour la mort (j'ai fait mon dossier de bac sur le deuil), au fil des années ce leitmotiv a imprégné ma pratique et je me suis retrouvée à créer beaucoup de personnes qui fondent.
Et qui de mieux que Méduse pour illustrer un état paradoxal à la fois de la mort et de la vie ?
Cette Méduse est basée sur celle du Bernin car elle m'a tout de suite marquée par le contrepied de cette figure forte apparaissant comme étant très vulnérable. De plus, pour servir l'image du duel Eros et Thanatos, il n'y a rien de mieux qu'une statue pour exprimer le dur.
Ce duel Eros et Thanatos devrait se retrouver dans les yeux de Méduse, mais celle-ci n'a plus de pupille, elle ne peut plus pétrifier personne maintenant qu'elle est elle-même dans cet état paradoxal, mi-solide mi-molle, mi-vivante mi-morte.
Quant aux couleurs choisies, elles font référence aux Marylin Pop Art d'Andy Warhol pour insister sur la qualité d'icône de Méduse, tout en gardant le vert d'une statue qui serait en bronze oxydé, tout comme la Statue de la Liberté, une autre figure iconique.
La toile après sa finalisation
Premier croquis de la Méduse du Bernin
Photo prise pendant la première phase de peinture en 2022.